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Elle se définit elle-même comme une directrice artistique épicurienne et exploratrice en design de marque. Son agence, Canard & Cacahuète, fait partie de ces petites bulles de bonheur créatives que l’on recherche tant lorsque l’on devient entrepreneur.e. Maëlle Boccardo-Torre nous parle de son parcours, de son processus créatif, de ses clients chéris ou encore de son feed Insta, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en vraie passionnée, elle se réinvente sans cesse !

Peux-tu commencer par te présenter : qui tu es, ton activité et ta typologie de clients ?

Hello Jess ! Tout d’abord merci de me donner la parole dans ton blog, c’est vraiment un honneur ! Je m’appelle Maëlle, j’ai 32 ans et je suis mariée. J’ai commencé mes études pour devenir graphiste à 17 ans et j’ai créé ma première micro entreprise à 19 ans.

J’ai eu plusieurs revirements dans ma carrière, les débuts n’étaient pas difficiles en terme business mais plutôt relationnel, j’étais très jeune. Tout en gardant le fil rouge de “graphiste freelance” j’ai parfois retravaillé en salariat.

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J’ai repris ma liberté de freelance en 2016. L’année dernière fût un nouveau rebondissement, dans une prise de conscience autour du travail en équipe que j’avais envie de développer, du marketing digital et copywriting que je pratiquais déjà sans le savoir, de fabuleuses rencontres…

Tout cela m’a fait prendre la décision, enfin, après presque 15 ans, de changer de titre et de l’assumer. Aujourd’hui, je suis directrice artistique. Je te découpe en 3 parties ce qu’est mon activité en 2019 :

  • Stratégie de Marque & de Contenus
  • Création d’identité visuelle & supports de com’ print et digital
  • Création de charte éditoriale et rédaction de contenus pour les supports que je design.

Je travaille seule ou en équipe, selon l’énergie, l’urgence, le besoin, le volume du projet…

Depuis l’année dernière j’ai pour objectif de proposer à mes clients une vision d’agence en freelance, c’est la façon dont j’ai envie de travailler depuis toujours à vrai dire.

En tant que directrice artistique, je reste seule et unique interlocutrice mais constitue une équipe de freelances au top sur-mesure en fonction du projet. Mon rôle c’est de m’assurer que tous les membres de l’équipe aient accès à la bonne information, que la collaboration se passe dans la bonne humeur et le professionnalisme.

Je travaille depuis longtemps à 90% à distance de mes clients et de mes partenaires. On se retrouve cependant lors de projets importants (en terme de volume) afin de gagner 6 mois de travail en 3 jours.

Mon persona est composé de professionnels que je qualifie de “bulldozers”. Pas nécessairement avec de très forts caractères mais en tout cas des personnes souhaitant démarrer sur des bases solides ou passer un cap dans leur activité existante.

Ils sont femmes et hommes, bienveillants, avec beaucoup d’humour, souhaitant une communication qui sort du cadre (je travaille beaucoup sur la différenciation) et une collaboration dynamique. Ils sont capables d’investir et de s’investir. Ils pourraient faire les choses seules mais sont conscients du temps, de l’énergie et de l’efficacité gagnés à bien s’entourer.

J’apprends beaucoup d’eux, j’aime ce métier de directrice artistique qui me permet au travers de mes clients d’exercer tous les métiers à la fois !

Tu es à ton compte depuis quelques années mais développe une vraie identité sur ton compte Instagram depuis le mois de mars : quel a été le déclic ? Et as-tu observé une incidence sur ton activité ?

Mon flux de clientèle vient depuis longtemps et en grande partie de la cooptation (un client en recommande un autre, etc.).

Depuis 2014, j’ai renommé mon entreprise sous “Canard & Cacahuète” ce qui m’a donné un nouveau souffle également, surtout lorsque l’on a commencé à me contacter en mode “j’adore votre nom, que pouvez-vous faire pour moi ?”.

Entre 2017 et 2018, j’ai fait de la publicité Google qui a très bien fonctionnée aussi. Dans le marketing digital, nous savons aujourd’hui l’importance de ne pas mettre “tous les œufs dans le même panier”.

Début 2019, j’ai réfléchi au réseau social dans lequel j’aimerais m’investir davantage, celui au sein duquel je me sentirai bien. J’avais une page Facebook comme tout le monde mais pour moi la plateforme est au fil du temps devenue trop chronophage.

Instagram est plus visuel, j’avais un compte depuis 2011, j’avais un peu plus de 300 followers, je me suis dit que c’était une bonne base (même si les 300 n’étaient pas du tout mon persona) pour faire les choses bien et mieux. Pour, peut-être, qu’à terme Instagram devienne l’un de mes apporteurs d’affaire.

Il n’y avait que peu de feed puzzles à ce moment là, je ne voulais pas être bloquée à mon téléphone, j’avais envie de parler de mes réalisations mais surtout de ma vision d’entrepreneure, de mes valeurs, d’apporter quelque chose aux lecteurs. Il y a eu 3 phases de feed avant d’arriver à celui que tu vois en ce moment, mais il va de nouveau changer…

En travaillant sur cette nouvelle grille, cela m’a donné l’idée d’une prestation, celle que j’aime le plus réaliser aujourd’hui et qui est mise en valeur dans mon nouveau site.

À ce jour, ma nouvelle grille m’a permis de signer une nouvelle cliente qui m’avait contactée quelques mois auparavant. Elle souhaitait finalement commencer seule, ma nouvelle grille et ce que j’y transmettais l’a convaincue que j’étais la personne qui pourrait l’accompagner dans son projet.

Dans un second temps c’est une ancienne cliente qui avait vendu son entreprise pour s’occuper de ses petits qui est revenue vers moi suite à cette nouvelle stratégie.

On avait travaillé ensemble en 2016 et cette année elle a fait une formation pour évoluer dans son activité. Par un concours de circonstances on s’est eues au téléphone et elle m’a dit qu’elle pensait à moi depuis quelques semaines.

Les valeurs dont je parlais sur Instagram l’ont conforté dans l’idée qu’à ses yeux j’étais toujours la graphiste qu’elle voulait à ses côtés. J’ai également eu des demandes de devis mais je n’ai pas une tarification accessible pour tout le monde.

Ce système de feed m’a aussi apporté de nouvelles missions, ma partenaire en community management m’envoie des clients pour que je design le feed qu’elle gère ensuite pour la marque.

Mes amies et partenaires me disent qu’elles apprécient vraiment me lire, que le “au programme cette semaine” du lundi est un moment “attendu”. Ça me touche et me fait rire à la fois. Je suis contente de l’évolution qui a été enclenchée ! Et puis grâce à cela, tu m’as contactée également 🙂

Combien de temps par semaine ou par mois consacres-tu à la gestion de ton compte Instagram ?

Je ne suis pas encore aussi régulière que j’aimerais, la difficulté est là. Donc plus on se prépare à l’avance, plus le contenu est fluide ! De plus, ma grille ne me permet pas de sauter un jour.

Je suis depuis quelques mois sur Planoly. J’aime beaucoup cette plateforme, son design et sa facilité de gestion. Je crée ma grille sur un fichier spécialement conçu sur Illustrator (que j’ai décliné sur Photoshop pour mes clients). Il me donne la visibilité sur X semaines, j’en suis assez fière ^^

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Je prépare mon contenu visuel une fois par mois, je rentre mes visuels dans Planoly, j’intègre mes blocs de hashtags récurrents par jour et je programme. Pour les textes je le fais une fois par semaine, pour garder une certaine fraîcheur de contenu.

En résumé, hors le temps passé à la conception de la grille, de la ligne édito et des blocs de hashtags, cela me prend environ 2h pour le contenu visuel mensuel et 1h pour les textes chaque semaine.

Mettant en priorité le travail pour mes clients et ma vie de famille, j’essaie d’ouvrir Instagram “que” 3 fois par jour matin-midi-soir pour répondre aux commentaires, messages et interagir à mon tour.

Je n’ai pas publié depuis Octobre car j’avais la tête dans une phase particulière pour mon business. La nouvelle année sera le bon moment pour redémarrer. Cela sera aussi le début d’une nouvelle marque collaborative que je dévoilerai courant du mois…

Comment faire pour avoir une belle identité visuelle quand on n’y connait rien et que l’on n’a pas beaucoup de budget ?

Si tu me permets je vais directement m’adresser à tes lecteurs pour cette question.

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Avant tout il faut se connaître soi-même, son activité, son marché. Si vous n’avez pas le budget pour vous accompagner d’un graphiste, voici quelques étapes pour quand même faire les choses bien :

  • Faites-vous un moodboard sur Pinterest, une immersion visuelle dans l’univers que vous avez envie de mettre en place pour votre marque. Photos, visuels, couleurs, quel que soit le sujet de l’épingle, amusez-vous, laissez-vous rêver !
  • Ensuite trouvez une typographie facile à utiliser (incluant accents, chiffres et caractères spéciaux), elle doit être libre de droits, lisible. Vous avez des sites comme Dafont et Google Font (qui celles-ci sont utilisables sur le web) pour visualiser et télécharger la ou les typos qui vous conviennent.
  • Pour les visuels il y a Freepik (vectoriel) et Unsplash (photo) qui sont mes sites préférés. Attention, un logo digne de ce nom ne contient pas de photo.
  • Et pour finir, le troisième ingrédient factuel d’un logo, la couleur. Allez faire un tour sur le site Picular – le Google des Couleurs – il propose de quoi s’amuser un peu à constituer son nuancier de marque 😉
  • Faites toujours attention à l’adage “trop d’effets tuent l’effet” dans votre mise en page. Selon votre sensibilité n’hésitez pas à faire des croquis ! Sachez rester simple.

En quoi avoir une identité visuelle propre à sa marque permet de développer son business ?

Créer la différence ! 2 business, similaire sur le papier (entrepreneurs du même âge, même activité, mêmes valeurs…), peuvent se démarquer sur leur identité visuelle.

Bien sûr, il y a bien plus que ça : une autre personne que vous, même si vous avez de nombreux points communs, ne sera jamais VOUS ! Votre personnalité fait votre différence et c’est à travers votre identité visuelle que vous pouvez la révéler en premier.

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Elle est votre bouclier, elle vous représente, elle vous défend face à la concurrence, vous fait grandir, vous accompagne… Votre identité visuelle doit vous rendre fier-e de communiquer et vous soutenir lorsque vous êtes une personne timide. Elle vous montre sous votre meilleur jour et vous fait briller !

Quelles sont les principales erreurs que commettent les entrepreneur.es au sujet de leur identité visuelle ?

Vouloir en faire trop. Beaucoup parlent aussi du persona, notre client idéal, mais je crois qu’avant tout il faut se sentir bien au sein de son image de marque et ensuite l’ajuster en fonction de notre audience.

Pour ma part, la difficulté c’est d’avoir une passion pour le rose tout en voulant travailler avec des femmes ET des hommes. J’ai eu peur qu’ils se sentent exclus par mon nouveau branding, j’espère que mes textes plutôt incisifs feront la balance.

Le juste milieu, le point d’équilibre est à trouver mais vous évoluerez et votre identité visuelle évoluera avec vous ! Si vous voyiez mon premier logo… Préférez rester simple plutôt que balancer trop de messages qui perdront l’attention de votre client potentiel.

3 comptes Instagram avec une identité « parfaite » selon toi ?

Le mot “parfait” est délicat. Cependant je peux te donner des comptes que j’ai vraiment plaisir à suivre et/ou qui ont des grilles que je trouve sublime (hors ceux de mes clientes que je suis de très près évidemment comme @richesses.interieures <3) :

Merci Jess pour cette opportunité d’expression et la confiance que tu m’accordes au travers de cette interview !

Un grand merci à Maëlle qui s’est prêté à l’exercice avec brio et qui m’a fait le plaisir de décrire avec passion son métier et son savoir-faire !

Retrouvez aussi l’interview de Steffie, du compte Instagram La Cerise sur le Gâteau, coach photo, qui t’aide à te réconcilier avec ton image.